jeudi 6 novembre 2008

Vers une Cantine Finistérienne

Les espaces de travail collaboratifs se basent sur le principe que le temps "perdu" à discuter avec d'autres personnes est largement compensé par le temps "gagné" à comprendre et assimiler l'évolution de la société. Aujourd'hui, ce temps "gagné" prend d'autant plus d'importance que l'innovation --- la rencontre entre des technologies modernes et des usages naissants --- est le moteur de l'activité. C'est sur cette idée que les espaces de co-working se sont développés en Californie . Certes, la foule qui piaille en plein milieu d'un travail nécessitant de la concentration, c'est ennuyeux. Mais, c'est pourtant dans le contact avec cette foule, aussi diverse que possible, que se cachent les nouvelles tendances de la vie en société. Certes, re-montrer pour la dixième fois comment utiliser une nouvelle technologie ou le dernier joujou-qui-tue, ça fait radoter. Mais, la compréhension d'une maitrise qui pouvait semblait anodine se renforce tandis que le discours s'affine.

L'idée de la Cantine, pour laquelle j'avais beaucoup oeuvré lorsque je travaillais à Paris pour Orange Labs, n'est pas seulement d'offrir des mètres carrés supplémentaires à des gens qui partagent un goût certain pour le développement d'idées novatrices autour des technologies de l'information et de la communication. C'est surtout d'offrir un cadre de travail différent, où on ne va sans doute pas avancer aussi vite que tout seul dans un bureau silencieux, mais où on va se donner toutes les chances de rester dans une spirale innovative vertueuse. Le principe est celui du logiciel libre : la confiance nait de la contribution de chacun, à la mesure de ses possibilités.

Il me semble que le Finistère est propice au développement d'un tel lieu. On a tous tôt fait de rester dans son espace silencieux, propice au développement d'un travail de qualité. Mais, on a tous la sensation que "être à la page" devient de plus en plus difficile alors que tout bouge de plus en plus vite. Un lieu de co-working est censé favoriser la mutualisation de la compréhension des nouveaux usages et des nouvelles technologies. Pas besoin de beaucoup de mètres carrés, car bon nombre d'entre nous n'y sera que partiellement, mais plutôt de mètres carrés stimulants, dans un espace où on a envie d'aller, où on a envie de partager avec les autres. Ce n'est pas parce qu'il est plus facile de trouver des mètres carrés à Brest qu'à Paris ou San Francisco que la conception d'un tel espace n'est pas un défi. La réussite d'un lieu comme le Fourneau doit nous guider : ce n'est pas dans le batiment moderne blanc immaculé bien connecté que nous trouverons la stimulation pour partager et faire avancer les choses.

1 commentaire:

Le Cloarec a dit…

J'aime bien l'idée.
Je suis d'accord qu'il est difficile de se tenir toujours informé de tout lorsque l'on est seul et le "nez dans le guidon". L'échange est nécessaire pour y parvenir, cet échange est d'autant plus précieux qu'il permet à tous de progresser.

Pourtant il faut parfois s'isoler pour produire et concrétiser les idées.

Comment réaliser alors un espace ouvert tout en permettant à chacun d'accéder à la concentration nécessaire à l'avancée de ses travaux ?
Le risque n'est il pas de ne rien voir aboutir ?