jeudi 22 janvier 2009

retour sur l'Open Coffee 29 d'hier (Brest, le Vauban)

Mathias nous a parlé avec passion de son nouveau projet de Bibale, votre médiathèque amicale, pour gérer et prêter gratuitement ses objets de culture numérique. Voir aussi les photos de la soirée sur Flickr

Je reprends ici intégralement l'interview qu'il a donné à Michel briand et publiée sur a-Brest :

Tu viens de proposer Bibale un nouveau service de prêt sur internet peux tu nous le présenter ?

Avec plaisir, Bibale est un service qui propose deux fonctionnalités complémentaires.

La première est le référencement de ses livres, CD, DVD et jeux vidéo que l’on peut virtuellement ranger dans des étagères. À chaque objet on peut associer des tags, une note et un commentaire et un moteur de recherche permet retrouver facilement ce que l’on a rentré (ou ce que d’autres ont rentré).

La seconde fonctionnalité est édifiée sur la première, il s’agit de faciliter la mise en relation des personnes possédant un objet avec ceux souhaitant y avoir accès. Il est possible de faire une recherche sur tout Bibale mais difficile de savoir si le résultat en question est à côté de chez soi ou à l’autre bout de la planête ! Pour pallier à ce problème, Bibale a la notion de Club. Un club est un point de rencontre géolocalisé auquel les utilisateurs qui le souhaitent se rattachent et au travers duquel ils peuvent partager des étagères. L’idée est que les clubs se superposent aux lieux où les gens ont déjà des interactions, lieu de travail, association, école, bref un endroit où les gens se connaissent et se rencontrent. Bibale permet alors de focaliser la recherche sur un ou plusieurs clubs, et de trouver à proximité ce que l’on cherchait. Il suffit ensuite de contacter le détenteur de l’objet que l’on cherche (que l’on connait sûrement) et de se faire prêter le livre ou CD en question. Bibale offre la possibilité d’enregistrer très simplement le prêt pour que les deux parties n’oublient pas ce qu’elles ont et depuis quand.

Voilà en quelques mots la description du problème que Bibale essaye de résoudre.

Pourrais tu nous présenter en quelques mot ton parcours et ton choix de t’impliquer dans le développement de services utilisant les outils du web2 ?

Mon parcous est à la fois typique et atypique.

Du point de vue académique je suis diplômé de Telecom Bretagne (promo 1996), j’ai un DEA d’informatique et j’avais commencé une thèse sur les systèmes distribués. Sur le plan personnel j’ai toujours eu une passion pour l’informatique dès lors qu’elle est connectée, au milieu des années 80 je baignais dans les milieux minitelistes avec notamment MCB*STAR du club Microtel de Rennes, QBBS ou Teaser.

Au milieu des années 1990 j’ai participé à la création de l’association Infini dont j’ai été le directeur technique jusqu’en 2000.

Sur le plan professionnel, après quelques mois de thèse je me suis rendu compte que le monde de la recherche n’était pas pour moi donc j’ai arrêté ma thèse et je suis parti travaillé, d’abord dans une SSII puis au Crédit Mutuel de Bretagne où j’étais en charge du socle technologique et de tout ce qui touchait à l’Internet.

Et puis un jour Google m’a contacté pour une opportunité, je me suis prêté au jeu de leur marathon de recrutement et j’ai eu une proposition. J’ai alors pris un congé sabbatique et je suis parti travailler à Dublin, mais partir sans sa famille n’est pas une bonne idée et une fois les options pour l’avenir envisagées j’ai décidé de démissionner et de rentrer en France, transformé par ces quelques mois passés chez Google.

À mon retour j’ai fouillé dans mes cartons de projets pour voir si j’avais un os à ronger et j’ai pris la décision début septembre de consacrer tout mon temps à Bibale.

3) Pourquoi cette idée de mise en relation et de prêt ?

L’idée initiale est celle du référencement, et tout simplement pour répondre à une problématique que j’avais.

Mon entourage lit énormément, des bouquins achetés mais aussi des bouquins empruntés à la bibliothèque, et à plusieurs reprises j’ai eu la mauvaise surprise d’offrir un livre déjà lu :-(

En permettant de référencer les livres lus, Bibale permet de résoudre ce problème. Voilà comment l’idée initiale est venue. Parallèlement à cela j’ai toujours prêté des bouquins et j’ai toujours été frappé par deux choses, d’une part le fait que l’on cotoie sans le savoir au quotidien des gens qui ont potentiellement les mêmes centres d’intérêt que nous, et d’autre part que les livres sont faits pour être lus et que les bibliothèques de chacun regorgent de trésors introuvables pour la plupart dans les bibliothèques publiques. Ce constat associé à la plateforme de référencement a donné naissance à la mise en relation et à la gestion du prêt.

4) C’est là un service complémentaire de ce qui proposé par les bibliothèques as-tu eu l’occasion d’en discuter avec des personnes en charge de ce service et quelles sont les premières réactions ?

C’est effectivement un service complémentaire, une anecdote résume bien cela. Récemment on souhaitait emprunter la trilogie de Stieg Larsson, Millenium. Adhérents à la bibliothèque de Guilers on est allé voir si l’ouvrage était disponible, la réponse était non, il fallait se mettre en liste d’attente avec ..... deux mois minimum d’attente pour le tome 1 !

Parallèlement à cela, Bibale commençait à tourner avec une quinzaine d’utilisateurs de la première heure, utilisateurs qui à eux seuls avaient déjà référencé deux exemplaires de la trilogie ! En permettant d’exposer au plus grand nombre et de proposer le contenu de sa bibliothèque au prêt entre amis, Bibale pousse dans le même sens que les bibliothèques, i.e. vers toujours plus de lectures.

Je n’ai évoqué la chose avec un responsable de bibliothèque qu’une seule fois, mais pas suffisamment en détail pour mettre en évidence la complémentarité et les synergies possibles. Ce serait avec plaisir que j’échangerai sur le sujet.

Je pense que Bibale peut être une plateforme utile aux bibliothèque en cela qu’elles peuvent s’en servir pour mettre en avant leur fonds, leurs acquisitions et le travail des bibliothécaires comme les listes de lectures ou les animations spécifiques. L’aspect local étant très important dans Bibale je pense qu’il y a plein d’usages à inventer.

5) Quelle est ta vision de cet internet du web2.0 qui permet des échanges de tous vers tous et comment vois tu le développement de nouveaux usages ?

Pour moi l’Internet est un moyen formidable de créer du lien social, et Bibale s’inscrit dans cette logique.

L’aspect local, voire hyperlocal est important, et l’Internet peut apporter un réel plus dans l’apport de solutions simples à des problèmes de tous les jours.

Mais la France n’est pas le pays le plus facilitateur pour le développement de ces usages, notamment parce que la culture d’ouverture et de partage ne semble pas aussi développée que dans d’autres pays.

Pour ne prendre que l’exemple de Bibale, je m’appuye aujourd’hui sur les Web Services d’Amazon ou Google pour trouver des ouvrages parce que la BNF qui gère le dépôt légal en France ne propose pas d’API pour accéder à ces données (alos que la bibliothèque du Congrès aux USA le fait).

Les usages ne pourront se développer que si les porteurs de projets ont des données sur lesquels les construire, c’est un état d’esprit fondamental à adopter si l’on veut construire des services de qualité.

Posté le 14 janvier 2009 par Michel Briand
©© a-brest, article sous licence creative common info

2 commentaires:

Cédric Williamson a dit…

Y'a du jus sur Brest !

delphine a dit…

merci pour les photos ;p